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Voyage et tourisme

Le Viêt Nam (Asie)


LE Viêt Nam est un pays d'Asie du Sud-Est. Il se situe à l'extrême est de la péninsule indochinoise. Le pays occupe une superficie de 330 000 km2 pour environ 80 millions d'habitants. Il est entouré de la Chine au nord, du Laos et du Cambodge à l'ouest, et de la Mer de Chine méridionale à l'est et au sud.

Histoire


L'histoire du Viêt Nam est l'histoire des peuples qui ont occupé le pays que l'on appelle le Viêt Nam.
Pour les historiens vietnamiens, le Viêt Nam fut fondé en 2877 av. J.-C. dans leur capitale de l'époque qui se situait à l'emplacement de l'actuelle Canton (en Chine).

Les temps légendaires : Mythe de l'origine


Les Vietnamiens - ou du moins les Viêt, ou Kinh - se ressentent comme un peuple constitué depuis la création du monde, pour laquelle ils ont leur propre cosmogonie.
Ils se disent enfants de la fée et du dragon : un dragon et une fée se seraient mariés malgré leurs natures différentes et auraient donné naissance à un oeuf noir géant, d'où seraient sortis cent enfants.
Le dragon étant une créature liée à la mer et la fée étant liée à la montagne et l'air, ils se seraient ensuite séparés, le dragon emmenant cinquante enfants vers la mer - les futurs Kinh - et la fée emmenant 50 enfants vers les montagnes - les futurs peuples minoritaires.
Les descendants des enfants du dragon et de la fée vivaient en bonne intelligence, chaque enfant étant l'ancêtre d'un royaume séparé, chacun chez eux, lorsqu'ils firent l'objet d'une première attaque d'un peuple venu du nord.
Un noyau d'une quinzaine de rois et reines se réunit alors et élit l'un d'entre d'eux pour être le premier empereur du Nam Viêt ("pays des Viêt du Sud"), en 2877 av. J.-C.

Confrontation avec l'archéologie et problèmes de géographie


La confrontation des légendes vietnamiennes avec la réalité historique, même si elle n'est pas incohérente avec les éléments matériels retrouvés, se heurte à plusieurs difficultés techniques :
  • le déplacement du pays vers le sud, assis autour de la région de Canton, puis correspondant avec la commanderie du Giao Chi, puis réduit au seul bassin du Tonkin et enfin reprenant une expansion territoriale vers le sud ;
  • l'absence probable de sources écrites avant 211 avant Jésus-Christ ;
  • la destruction systématique de tous les écrits en chinois sur des thèmes nationaux lors de la seconde colonisation chinoise par les colonisateurs ; ainsi que la confiscation des écrits jugés suffisamment chinois pour ne pas être détruits (mais que l'on peut consulter dans les archives nationales de Taiwan).

Le Nord


Le site de Dong Son dans la province de Thanh Hoa a donné son nom à une culture de la seconde moitié du dernier millénaire avant J.-C. Les sépultures de la culture de Dong Son contiennent un riche mobilier : tambours en bronze, situles, poignards à manche de forme humaine ou animale, haches, hallebardes, crachoirs à bétel, sceaux, bijoux. Les tambours de Dong Son, remarquables tant du point de vue technique (usage de la cire perdue) qu'ornemental (combinaisons de motifs géométriques, humains et animaux), connaissent une grande diffusion en Asie du Sud-Est continentale et insulaire. La culture de Dong Son s'éteint avec l'invasion chinoise, qu'on date de 111 avant J.-C.
A partir de là et jusque vers 1200, le nord de l'actuel Viêt Nam vit une domination chinoise entrecoupée de courtes périodes d'indépendance marquées par le chaos. Durant cette période, le Nam Viêt sera maintes fois renommé par son occupant chinois. C'est à ce moment-là que le Nam Viêt adopte la culture chinoise sans jamais perdre son identité nationale.
  • "[...] Une grande partie de l'histoire du Viêt Nam antérieure à l'an 200 av. J.-C. est ensevelie dans la légende. Il en est également ainsi du passé de l'Europe au-delà du bassin méditerranéen. Il semble qu'il ait existé, entre -500 et -207, un royaume connu sous le nom de Van Lang ou Au Lac, couvrant apparemment une grande partie de ce qui est aujourd'hui la province chinoise du Guangdong et le nord du Viêt Nam. Ce dernier, comme on le verra, a été plus d'une fois une marche frontalière dans une longue et orageuse histoire du Viêt Nam. [...] Conquis par des généraux chinois qui avaient rompu avec les empereurs de la dynastie Qin, Au Lac devint connu sous le nom de Nam Viêt, c'est-à-dire le pays du Sud (Nam) des "Viêt" ("Yeh" en cantonnais). Comme il est arrivé souvent au cours de l'histoire du Viêt Nam, ce petit Etat ne pouvait maintenir son intégrité que lorsque son puissant voisin était en difficulté. Ce qui arriva plus souvent qu'on ne le croit généralement. La dynastie Han se consolidant en Chine, le Nam Viêt fut repoussé lentement du Guangdong vers le bastion nord-vietnamien qui deviendra plus tard, en 1945-1946, la base du Viêt Nam en lutte armée pour se libérer du colonialisme français. En 111 av. J.-C., l'Empire Han victorieux en Chine écrasa le jeune Etat vietnamien et, à l'exception de victorieuses et brèves rébellions, il devint pour plus de 1 000 ans Terre chinoise."
Sous la paix chinoise, comme la pax romana en Europe, le Nam Viêt est devenu connu sous le nom de Annam ou la paix (An) du Sud (Nam), c'est-à-dire le Sud pacifié, dans la syntaxe cantonaise où l'adjectif qualificatif est placé avant le nom, comme dans les langues germano-scandinaves. La langue vietnamienne classique est une langue cantonaise, comme la langue française classique est une langue latine où "pax, pacis" latin est devenu "paix" français. L'antique contentieux sino-vietnamien de la Troisième Guerre d'Indochine remonte à cette période.

Le Centre


Sur la côte du Viêt Nam central, dans la province de Quang Ngoi, se développe vers 800 avant J.-C. la culture de Sa Huynh. Son aire s'étend du Binh Tri Thiên à la vallée du Dông Nai. Cette culture incinère ses défunts et les inhume dans des jarres avec un riche mobilier. Contrairement à leurs voisins du Nord et contemporains Dong Son, qui travaillaient le bronze, les Sa Huynh travaillaient le fer.
Les Sa Huynh avaient un réseau commercial étendu. Les perles de verres de Sa Huynh sont faites en matériaux : verre, agate, grenat, qu'on ne trouve pas dans la région et étaient vraisemblablement importés. On a également trouvé à Sa Huynh des mirroirs en bronze de la dynastie chinoise des Han (202 avant J.-C. - 220 après J.-C.). Inversement, Sa Huynh produisait des boucles d'oreille qu'on a retrouvé sur des sites dans le centre de la Thailande, dans l'île des Orchidées à Taiwan et à Palawan aux Philippines.
Vers le IIe ou Ier siècle avant J.-C., des populations de langue austronésienne, les Cham, sans doute venus de l'île de Bornéo, s'installent sur le littoral du Viêt Nam central.
Plusieurs sites, correspondant aux premiers siècles de notre ère, ont été reconnus et fouillés le long des côtes orientales de l'Annam. Comme pour toute cette partie du monde asiatique, les plus anciens renseignements historiques nous sont donnés par des textes chinois. Ils mentionnent la commanderie du Rinan, marche-frontière à l'extrême sud de l'Empire du Milieu, créée sous les Han. La plus méridionale de ces "sous-préfectures", Xianglin, aurait été peuplée d'aborigènes indisciplinés, et fréquemment envahie par les "barbares" voisins. Lors d'une attaque, en 137 de notre ère, les Chinois sont contraints d'évacuer la région, tandis que le mandarin local est tué. Un "barbare", Quilan, se proclame roi : c'est l'origine du royaume du Linyi, au sud du Rinan.
Les descendants de Quilan ont probablement installé leur capitale dans la région de Hué, et se sont progressivement sinisés. En 446, les Chinois s'emparent de la capitale du Linyi et emportent avec eux des "dieux barbares", statues qui semblent attester un début d'indianisation. Dès 520, les noms des souverains du Linyi semblent être une transcription en chinois de noms sanscrits : Pi Cuibamo serait ainsi Vijayavarman.
A la fin du IVe siècle, quatre inscriptions en sanscrit, trouvées dans le Quang Nam et le Phu Yên, mentionnent une divinité Bhadreshvara, le "seigneur favorable", c'est-à-dire Shiva. Il s'agit du plus ancien exemple, en Asie du Sud-Est, d'un nom de divinité portant le nom de "roi". La première mention d'une capitale est datée de 605 après J.-C. D'autres inscriptions révèlent le nom de Champa par lequel était désigné le royaume. Du IVe au XVIIe siècles, ce royaume s'étendait sur la côte orientale du Viêt Nam d'aujourd'hui, de la Porte d'Annam au nord à la région de Phan Thiêt (région du Binh Thuân) au sud. L'usage est désormais d'appeler les habitants du Champa et leurs descendants, les Cham.
Au début du Ve siècle, le moine bouddhiste chinois Faxian, sur le chemin du retour d'Inde en Chine, y fait escale et décrit "le fort nez droit et les cheveux noirs et bouclés" de ses habitants, ainsi que leurs pratiques funéraires de la crémation au son des tambours.
Dans le nord commence vers 1200 une période brillante. Le Nam Viêt devient Dai Viêt. Il tient en échec les invasions chinoises et commence son expansion vers le sud, sur le royaume du Champa, de culture indienne. Vers 1420, on note une très courte occupation chinoise. Vers 1600, les Vietnamiens finissent la conquête du Champa mais le pays est coupé en deux. Les seigneurs Trinh gouvernent le Nord, les Nguyen le Sud. Vers 1800, le pays est réunifié sous l'autorité des Nguyen. Il porte le nom de Viêt Nam et il annexe les terres méridionales.
  • "[...] Au cours de cette entreprise coloniale réussie, car ce ne fut rien d'autre, le gouvernement vietnamien décida de donner au processus employé le statut d'Etat et, en 1481, les "Don Diên" furent créés. Comme les 'Coloniae' romaines 1 500 ans plus tôt, comme les 'Nakhal' israëliens 500 ans plus tard ou les 'Weherbauern' austro-allemands du XVIIIe siècle, les 'Don Dien', littéralement ferme (Dien) fortifiée (Don), vietnamiens étaient des colonies agricoles que l'Etat octroyait aux fermiers qui, en contrepartie, assuraient la mise en valeur de la 'nouvelle frontière'. Les colons du 'Don Dien' étaient des gens rudes et intrépides, décidés non seulement à défendre ce qu'ils possédaient, mais aussi à étendre et repousser plus loin la frontière un peu plus au Sud jusqu'à l'ouverture de la grande plaine du delta du Mékong où la route vers l'Ouest leur est devenue désormais ouverte sans le franchissement des montagnes de la cordillère annamitique."

Le Sud


Dans le sud du Viêt Nam, des fouilles entreprises sur le site d'Oc-Eo au début des années 2000 permettent de mieux connaître une culture qui, au moins au IIIe sièlce après J.-C., s'étendait sur le Viêtnam, le Cambodge et la Thailande actuels. Cette culture entretenait des relations avec la Chine. L'influence indienne sur cette culture est manifeste, avec des statues de Bouddha et de Vishnu. Des bateaux étrangers venaient à Oc-Eo échanger des marchandises.
Les premiers textes chinois concernant l'Asie du Sud-Est datent du IIIe siècle. Ils parlent d'un royaume qu'ils appellent Fou-nan et décrivent ses habitants comme étant "laids et noirs, avec des cheveux frisés". Cette description tend à faire penser que les habitants du Fou-nan étaient ethniquement khmers. Le nom de Fou-nan lui-même serait une transcription en caractères chinois du mot bnam, en khmer moderne phnom, qui signifie "montagne" (et qu'on retrouve dans le nom de Phnom Penh). Au VIe siècle le royaume du Tchen-La, établi au nord, en amont dans le bassin du Mékong, conquiert le Fou-nan, formant ainsi le Cambodge pré-angkorien.
Cette fois-ci l'avance vietnamienne se fait au détriment du Cambodge en décomposition. Une telle situation était riche en incidents frontaliers, utilisés pour agrandir le domaine vietnamien. En 1623, le roi Chey Chettha II du Cambodge (1618-1628) autorise des réfugiés viêt qui fuient la guerre civile entre les Trinh et les Nguyen à s'installer dans la région de Prey Nokor, la future Saigon. Le Cambodge, affaibli par une guerre contre le Siam, est incapable d'empêcher l'installation des vagues suivantes de colons viêt. En 1698, la cour des Nguyen charge le mandarin, Nguyen Huu Canh de mettre en place une administration viêtnamienne dans la région, la détachant ainsi du Cambodge, qui ne peut intervenir.
C'était ainsi que s'est bâti le Viêt Nam, à partir de Huê, au centre du Viêt Nam sur le Champa et le Cambodge par l'avancée d'un front de villages. Tout le sud du Viêt Nam était territoire cambodgien.
En 1863, la signature d'un accord entre le roi Norodom du Cambodge et la France établit un protectorat sur le royaume qui met un coup d'arrêt à l'expansion vietnamienne.

Les Nguyen


Née dans une période de troubles politiques et sociaux, la dynastie des Nguyen voit se confondre toutes les étapes clef de son histoire avec les moments les plus décisifs de l'histoire du Viêt Nam. Du renversement des Lê au XVIe siècle à l'expansion des Viêt vers le Sud, de l'affermissement d'un Etat centralisé à l'arrivée des premiers colons, des intrigues de palais aux grandes oeuvres de développement économique, de la vénération des sujets pour leur roi à l'abdication du dernier empereur en 1945, tous les Nguyen régnants ont vécu et pour certains façonnés la sinueuse histoire du Viêt Nam.
Plus que tout, c'est la faculté de sentir le rapport de force qui a fait des Nguyen des souverains puissants et efficaces. Jusqu'au couronnement de Gia Long qui marque l'apogée du Viêt Nam classique et centralisé rien ne semble détourner les Nguyen de leur foi en l'édification d'une nation puissante. Ils sentent, ils savent, ils proclament avoir le droit de leur côté et celui-ci semble leur donner raison.
Mais, après Gia Long, c'est avec résignation et parfois mollesse que les Nguyen voient leur pays souverains tomber, province après province dans les mains de la puissance française. Certes, certains tenteront de soulever leur peuple, de briser la mainmise des mandarins et des catholiques pro français, mais avec la même certitude qu'ils avaient à lutter pour leur trône, les Nguyen du XIXe siècle se montreront résignés devant l'occupant français, sûrs que rien n'empêcherait leur pays se soumettre et leur puissance se déliter.
Sur le plan politique, l'histoire des Nguyen, c'est l'histoire de l'affermissement d'un Etat, de la création d'une nation. Sur le plan individuel, c'est l'histoire d'hommes persévérants, sûrs de leur droit. L'histoire des Nguyen, pourrait être résumé par ces deux verbes : "maintenir" et continuer. Les neufs seigneurs et les treize rois qui se sont succédé durant près de quatre siècles semblent n'avoir eu pour devise que de poursuivre, inlassablement, obstinément, l'oeuvre entamée un jour de 1527 par le premier seigneur, Nguyen Kim, que l'histoire retient sous le nom de Roi fondateur (Trieu To Tinh Hoang De).
  • Nguyen Kim
  • Nguyen Hoàng
  • Nguyen Phúc Nguyên
  • Nguyen Phúc Lan


Souverains de la dynastie Nguyên


  1. 1802-1819 : Gia Long ou Nguyên Anh
  2. 1819-1841 : Minh Mang
  3. 1841-1847 : Thieu Tri
  4. 1847-1883 : Tu Duc
  5. 1883-1883 : Duc Duc
  6. 1883-1883 : Hiep Hoa ou Prince Hong Dat
  7. 1883-1884 : Kien Phuc ou Prince Ung Dang
  8. 1884-1885 : Ham Nghi ou Prince Ung Lich
  9. 1885-1889 : Dong Khanh ou Prince Ung Xuy
  10. 1889-1907 : Thanh Thai
  11. 1907-1916 : Duy Tân ou Vinh San
  12. 1916-1925 : Khai Dinh ou Prince Buu Dao
  13. 1926-1955 : Bao Dai ou Prince Vinh Thuy

La période française : La colonisation


En 1858, les Français prennent la baie de Da Nang (francisé en Tourane) à un Viêt Nam qui connaît sa forme actuelle. En 1883 la France annexe le Viêt Nam à son empire colonial. La Cochinchine au sud devient colonie française, ainsi que les villes de Hanoï, Haiphong et Tourane. Le reste du territoire, Tonkin au nord, Annam au centre, reste en principe sous l'autorité directe des empereurs Nguyen au sein d'un protectorat. Le Viêt Nam fait désormais partie de l'Union indochinoise qui comprend également les Royaumes du Laos et du Cambodge actuels.
  • "[...] le contact le plus durable entre le Viêt Nam et l'Europe, l'archéologie de "Oc Eo" dans la région de An Giang a montré des contacts commerciaux plus anciens avec le monde romain, commença en 1535 avec le débarquement à Faïfo du Capitaine portugais, Duc d'albuquerque, Antonia da Faria, et l'établissement qui en résulta de comptoirs rivaux portuguais et hollandais. D'autre part, des missionnaires catholiques romains étaient venus sans doute avant da Faria ; mais ce n'est qu, en 1651 qu'une mission catholique romaine permanente fut instalée au Viêt Nam. [...] Cependant, c'est à un prêtre français (d'origine juive marrane, semble t-il) que l'on doit le catholicisme romain au Viêt Nam et son ancrage culturel, au-delà de l'aspect religieux des rituels magiques. Autrement dit, ce n'est pas seulement en tant que religion, mais également en tant que facteur de civilisation (Paul Mus, p. 85, 1952). [...] Arrivé au Viêt Nam en 1626, à l'âge de 36 ans, Alexandre de Rhodes entreprit d'unifier diverses transcriptions de la langue vietnamienne faites par ses prédécesseurs, en un alphabet latin cohérent accompagné d'accents toniques et de signes diacritiques."
  • "[...] Le deuxième prêtre catholique romain à avoir pris place sur les autels des ancêtres au Viêt Nam fut Mgr Pierre Joseph Georges Pigneau de Behaine, Evêque d'Adran, qui a épousé la cause du jeune prince Nguyên Anh, alors âgé de 16 ans, qui errait en fugitif dans son pays ancestral. Nguyên Anh fut obligé de s'exiler au Siam (devenu Thailande en 1939) et Mgr Pigneau ne désespéra pas pour autant : il se rendit en France en 1787 (une France dont la banqueroute financière et morale allait déclencher deux ans plus tard la 'Révolution'), avec l'ultime espoir de rassembler une armée pour sauver sa 'seconde patrie bien-aimée'. Ce fut un échec. Néanmoins, il réussit à recruter 300 aventuriers français dans les comptoirs français de l'Inde. Avec quelques pièces d'artillerie et deux bateaux, l'expédition se mit en route le 19 juin 1789, à moins d'un mois du jour de la prise de la bastille, pour le Viêt Nam."
Ce jeune prince Nguyên Anh va devenir l'empereur Gia Long, le fondateur de la dynastie des Nguyen, grâce à l'appui militaire des Français qui y voyaient une conquête coloniale possible plus tard sous le Second Empire.
Depuis l'arrivée des soldats de Napoléon III, les Vietnaniens n'ont cessé de se révolter contre l'emprise coloniale. Les résistances vietnamiennes à la colonisation française se sont succédé, des révoltes et jacqueries paysannes à celles des lettrés de Phan Châu Trinh et jusqu'à celle de l'empereur Duy Tan détrôné en 1916 pour patriotisme et exilé à l'île de la Réunion par l'Administration coloniale.
Menés par les "nationalistes" du VNQDD (Viêt Nam Quoc Dan Dang) proche du Guomindang des Chinois nationalistes de Sun Yatsen, le soulèvement de Vinh et la mutinerie de Yên Bay de 1927 ont échoué et ont rempli les bagnes français qui ont transformé en communistes les nationalistes vietnamiens. Dans les années 20, il faut noter aussi l'importance prise par le caodaïsme (secte politico-religieuse projaponaise) qui disposait d'une milice armée, comme la secte Hoa Hao dans le delta du Mekong des années 40. Le film français Indochine se rapporte à cette période des années 20-50 ainsi que le film américain Un Américain bien tranquille d'après un roman de Graham Greene (A quiet American).
En 1930, le Parti Communiste Indochinois est fondé par Nguyên Sinh Cung, ce dernier se faisant appeler Nguyên Tat Thanh et Nguyên Ai Quôc (Nguyên le Patriote), puis Hô chi Minh (lac de sagesse ou lac de lumière), dans les métamorphoses du personnage décrit par Jean Lacouture, du proscrit Nguyên Ai Quoc, considéré comme un des pères fondateurs du Parti Communiste Français, au Président de la République Démocratique du Viêt Nam.

La seconde guerre mondiale


En 1940, un traité franco-japonais de cessez-le-feu est signé, Singapour ayant refusé toute aide militaire lors de la tentative d'invasion japonaise. En 1941, le Japon envahit quand même l'Indochine suite à différents conflits remportés par les Français sur les alliés des Japonais, notamment le Siam (la Thailande) à qui la France a cédé la moitié occidentale du Cambodge. La ville cambodgienne de "Siem Reap" signifie simplement "loi (Rap) siamoise" (Siem). Les forces françaises sont tolérées par l'occupant japonais car elles ne diposent ni d'un armement moderne ni d'un soutien de la métropole, quand l'Etat français de Vichy se placait jusqu'en décembre 1941 (Pearl Harbor) dans une position de neutralité avec l'Allemagne nazie, l'Italie fasciste et le Japon militariste (comme l'Espagne de Franco). L'Indochine française, alors était "pétainiste" jusqu'au chant patriotique officiel de Maréchal, nous voilà ! à la place de La Marseillaise. Le 9 mars 1945, l'occupant japonais fait un coup de force contre les Français, nettoyant toute l'Indochine française de toute présence administrative et militaire française. Les forces armées françaises sont attaquées par surprise. Les civils et militaires français sont emprisonnés (les femmes et les enfants) ou massacrés (les hommes et les métis eurasiens).
Au cours de l'année 1942, l'état major allié (US) divise le Viêt Nam en deux zones de combat avec des rattachements opérationnels distincts. C'est cette vision qui prîme dans les différentes rencontres entre Staline et Roosevelt sans aucune consultation du gouvernement de la France Libre de De Gaulle. On dit, fait non prouvé, que l'empire colonial français a été partagé entre les deux leaders en deux zones d'influence, répartition seulement écrite à la main sur un brouillon de travail. Ce partage officieux a été acté à la Libération. En particulier pour le Vietnam avec un partage au 17e parallèle en zone d'influence chinoise et anglaise. Une autre preuve d'un accord tacite entre les Etats-Unis et l'URSS est le soutien concerté à Hô Chi Minh entre l'OSS et le Kommintern, lors de ses opérations de guérillas entre 1941 et 1945 entre la Chine et le haut Tonkin. En effet l'URSS n'était pas en guerre contre le Japon.
Une famine dont l'origine est mal identifiée fait rage dans le nord, par une aide massive, le Viêt Minh gagne en popularité. La France perd son image de puissance aux yeux des Vietnamiens. Il s'ensuit un chaos politique, comme à la libération de la France par les Alliés à la même période : le 11 mars, l'empereur proclame l'indépendance et la réunification du pays, le 15 août les Japonais sont défaits. Le 17 août, la Ligue pour l'indépendance du Viêt Nam "Viêt Nam Doc Lap Dong Minh Hôi" ou Viêt Minh dans son abréviation vietnamienne prend le pouvoir à Hanoi par ce qui est connu sous le nom de "Révolution d'août". Le 2 septembre 1945, Hô Chi Minh fonde la République Démocratique du Viêt Nam, par la déclaration d'indépendance lue sur la Place Ba Dinh à Hanoï, en un cérémonial confucéen de changement dynastique, et fortement soutenu par l'OSS (ex-CIA).

Après 1945


En octobre 1945, la France occupe de nouveau le sud du Viêt Nam. En décembre 1946, la France occupe Hanoï après les négociations d'un "modus vivendi", c'est le début de la guerre d'Indochine avec le bombardement de Haiphong par la marine française. En juin 1948, c'est le traité de la baie d'Halong : l'empereur Bao Dai est reconnu chef du Viêt Nam unifié et indépendant au sein de l'Union Française (Commonwealth à la française). L'armée française est prêtée à l'empereur pour lutter contre l'expansion communiste.
En 1950, le Viêt Minh a le soutien de L'URSS et de la Chine. Octobre 1950, 1ère défaite française à Cao Bang. Les Etats-Unis soutiennent la France. Le 7 mai 1954, la France perd la bataille de Diên Biên Phu. Le 21 septembre, Pierre Mendès-France signe les accords de Genève avec Pham Van Dong : le pays est coupé en 2 au 17° parallèle de façon temporaire pour le regroupement militaire des forces françaises au sud avant son évacuation complète du Viêt Nam, Cambodge et Laos. Au cours des deux années suivantes, un réferendum devra être organisé pour choisir un régime unique au Viêt Nam. La population a cent jours pour choisir entre le régime communiste du Nord et nationaliste du Sud : un million de "Nordistes", pour la plupart catholiques, émigrent au Sud avec leurs curés par paroisses entières sur le thème de "suivre la Vierge partie pour le Sud" pour éviter d'être liquidés par le nouveau pouvoir, qui élimine toute opposition, d'après une intense propagande franco-américaine pour disqualifier le nouveau régime t'ira leur demander aux vietnamiens..., alors que 100 000 "sudistes" de l'Armée populaire vietnamienne rejoignent le Nord, selon les termes des "Accords de Genève" sur le regroupement militaire. La France se retire définitivement de l'Indochine, suivant ces mêmes termes des Accords de Genève.
De 1953 à 1954, le Nord élimine les classes sociales défavorables à l'édification du communisme. Suite à une réforme agraire "musclée", la révolte paysanne de Ngê-Tinh en automne de 1956 passée inaperçue dans les médias avec la campagne franco-britannique de Suez et la révolte de Budapest.

Les Républiques


- La guerre du Vietnam
  • Une situation complexe En octobre 1955, l'empereur Bao Dai a abdiqué à la suite du coup d'Etat effectué par son Premier ministre Ngô Dinh Diêm qui a fondé la République du Viêt Nam à la place d'un "Etat indépendant du Viêt Nam", sous la direction de l'empereur Bao Dai, créé par la France pour transformer sa guerre coloniale en guerre civile contre la République Démocratique du Viêt Nam fondée le 2 septembre 1945 à Hanoi. Un an plus tard, le Sud, poussé par John Foster Dulles et John Fitzgerald Kennedy a refusé d'organiser le référendum prévu par les Accords de Genève pour la réunification du Viêt Nam. La révolte contre la Dictature du régime de Diêm a commencé avec la fondation du Front National pour la Libération du Viêt Nam.
  • Le temps des conseillers Alors a commencé la "Deuxième Guerre d'Indochine" de réunification ou guerre du Viêt Nam en une suite d'escalades et d'erreurs d'appréciation. Bernard B. Fall y a consacré ses travaux. Pour continuer l'aide militaire au régime de Saïgon abandonné par le départ des Français en 1955, Kennedy a organisé le MAAG (Military Aid Aviser Group) de conseillers militaires qui s'est développé en MACV (Military Aid Command Vietnam) des combattants étatsuniens sur le terrain, dans l'escalade avant le plein déploiement des forces terrestres étatsiennes autorisé par le Président Lyndon Johnson à la suite de la Résolution du golfe du Tonkin.
  • L'escalade de la violence En novembre 1956, le Nord élimine la classe intellectuelle par "la floraison des cent fleurs". En 1960, les premiers conseillers militaires américains arrivent du Sud Viêt Nam. En décembre, la création du Front National de Libération du Viêt Nam discrédite la légitimité de la République du Sud Viêt Nam. De 1960 à 1963, Ngô Dinh Diêm instaure un régime totalitaire au Sud, et il en résulte des troubles avec les manifestations bouddhistes et étudiantes. Avec l'assassinat de Ngô Dinh Diêm en 1963, le chaos politique s'installe jusqu'en 1965. En août 1964, les Etats-Unis bombardent le Nord.
  • Vietnam War En 1965, les américains (Une division de Marines) débarquent sur le sol sud vietnamien sur la plage de Da Nang. C'est le début de l'intervention militaire américaine au Sud Vietnam. Progressivement le nombre de GI combattant dans le Sud-est asiatique va s'accroitre. Courant 1966, les américains, sous l'égide du général Westmorland lancent une série d'offensives destinées à trouver les places fortes où les militants communistes pourraient se cacher. C'est alors la logique de "recherche et Destruction" (Search and Destroy) qui prime. La plupart de ces opérations se solde par des échecs : "Cedar Fall", "Opération Atelboro", car les troupes vietcong ne cherchent pas l'affrontement. C'est en effet une guerre d'embuscades, une vraie guerilla qui agite tout le Sud vietNam. Les américains intensifient alors l'usage des hélicoptères (les fameux Bell-Huey) pour pouvoir se mouvoir au mieux et lancer des missions dans la jungle vietnamienne. Devant une situation à laquelle l'armée américaine n'est pas préparée (les vétérans américains parlent souvent d'un ennemi invisible) et du moral des troupes qui s'effondre. On lance le projet de gagner "le coeur et les âmes" pour s'attirer la sympathie des populations rurales du Sud, c'est un nouvel échec, alors que les bombardements sur le Nord s'intensifient, et que les intrusions Nord vietnamiennes au Sud (par la "piste Hô Chi Minh") deviennent massives. La guerre est alors totale en 1967. la bataille pour la colline 887, qui sera baptisée "Hamburger Hill" va devenir le symbole aux Etats Unis d'un conflit qui devient inutile et couteux en hommes. Pour contrer cela, et alors qu'il est difficile d'évaluer les pertes du vietcong, les américains lancent le "Body count" : décompte maccabre et falssifié des pertes ennemies. Les média qui couvrent librement, pour la première fois de l'histoire, un conflit armée innondent les journaux américains d'images fortes qui font basculer l'opinion publique.
  • Le Tournant Le 1er février 1968 est marqué par l'Offensive du Têt : attaque surprise et généralisée perpétrée par le FNL et les troupes nord-vietnamiennes. Ils occupent les villes du Sud, surtout Huê. Lors de leur retraite, les troupes dites "viêt công" massacrent les habitants de Huê. L'ingéniosité vietnamienne (guerre des tunnels, pièges (booby-trap)...) est alors portée aux nues face à la lourdeur et au manque d'initiative des forces américaines pourtant engagées en masse. Le symbole de cette offensive du Têt restant la prise par les vietcong de l'ambassade amércaine à Saïgon.
  • US GO Home !(slogan pacifiste américain) Le 31 mars 1968, les bombardements américains cessent au Nord. En juin 1969, les Etats-Unis se retirent partiellement du conflit. Le 3 septembre 1969, Hô Chi Minh décéde et le Parti se déchire entre pro-chinois et pro-soviétiques. Comme la Bataille de Dien Bien Phu a conduit auxAccords de Genève de 1954 pour le retrait des troupes françaises, l'Offensive du Têt de 1968 a conduit aux Accords de Paix de Paris de 1973 pour l'évacuation totale des troupes terrestres étatsuniennes peu après.
- La victoire du Viêt Nam du Nord
Le 30 avril 1975, Saïgon tombe. Il y a alors un exode de Sud-Vietnamiens à l'étranger. Les nouvelles autorités communistes ouvrent massivement des camps de rééducation, et on commence une destruction minutieuse de toute la "culture sudiste" considérée comme antirévolutionnaire et dégradante d'une "économie de poubelle et de bordel" des armées française et américaine depuis 1945. Fait marquant : les "émigrés nordistes" catholiques de 1954, poussés par une intense propagande franco-américaine pour "suivre la vierge au sud", par paroisses entières avec leurs curés en tête.
Le 25 avril, le pays est réunifié en République socialiste du Viêt Nam avec la disparition conjointe et simultanée de la République démocratique du Viêt Nam et la République du Viêt Nam pour faire place à un seul Viêt Nam indépendant et uni, les "deux Viêt Nam" dans les travaux de Bernard B. Fall. Les troupes américaines ont largué 7,8 Mt de bombes sur le pays contre 3,5 Mt pour l'ensemble des fronts de la deuxième Guerre Mondiale...
Les premiers "boat people" étaient les catholiques qui suivaient la "Vierge partie pour le Sud", ceux de 1975 étaient les hauts dignitaires du régime de Saïgon et ceux de 1980 étaient d'abord les Sino-Vietnamiens (Hoa) et le "petit peuple" peu habitué à l'austérité socialiste des "moines-soldats" et aux privations qu'ils ont connues pendant 30 ans de guerre d'indépendance et de réunification. Le président général Nguyen Van Thioeu fut le premier à partir pour Taïwan avant la chute de Saïgon et le général Nguyen Ng?c Loan (celui qui a exécuté à bout portant un prisonnier ligoté) s'est retrouvé en Virginie.
En janvier 1979, le Viêt Nam envahit le Cambodge avec la Troisième Guerre d'Indochine sur deux fronts, au Sud contre le Cambodge pour libérer ce pays des Khmers rouges pro-chinois et qui perpètrent les massacres dans les régions frontalières avec le Viêt Nam et au Nord contre la Chine à travers le contentieux sino-vietnamien millénaire. L'occupation vietnamienne au Cambodge durera dix ans pour stabiliser le pays jusqu'à la relève par l'ONU.
En 1986, le marché et la production sont libéralisés avec l'économie politique vietnamienne.
En 1992, les relations diplomatiques sont rétablies avec les Etats-Unis et normalisées avec la Chine.
En 1994, l'embargo américain est levé, les relations américano-vietnamiennes se normalisent, et l'économie de marché commence à s'appliquer.
Le Viêt Nam est officiellement une république socialiste. Un seul parti est autorisé, le Parti communiste vietnamien qui contrôle toutes les institutions politiques du pays. L'organe suprême de l'Etat est l'Assemblée populaire, renouvelée tous les cinq ans. Celle-ci est élue par tous les Vietnamiens âgés de plus de 18 ans. Par ailleurs, l'Assemblée populaire élit le président de l'Etat au rôle symbolique et le premier ministre et son gouvernement. Ils sont les deuxième et troisième personnages de l'Etat. En effet, au Viêt Nam, le premier personnage de l'Etat est le secrétaire général du Parti communiste.

Contentieux sino-vietnamien


- Introduction
Au plus simple de la complexité anthropo-sociale chère à Edgar Morin et au plus court d'une longue histoire sur des millénaires, le contentieux sino-vietnamien s'illustre par le dilemme face auquel s'est trouvé Hô Chi Minh, Président de la toute jeune République Démocratique du Viêt Nam. Du Nord arrivaient les armées chinoises nationalistes yunnannaises de Tchang Kaï-chek, sous la conduite du Général Lu Han, venues pour désarmer les troupes japonaises au Nord du 17ème parallèle, après la capitulation inconditionnelle du Japon le 2 septembre 1945, signée sur le "USS Misouri" en Baie de Tokyo. Du Sud arrivait le détahement français venu à Saigon dans les bagages des forces britanniques du Général Gracey pour désarmer les troupes japonaises au Sud de ce 17ème parallèle. Les Français commençaient déjà la Première Guerre d'Indochine avec leur tentative de reconquête coloniale par le Sud, par la Cochinchine qui avait le statut de colonie.
Le Général Leclerc et le commissaire de la République Jean Sainteny tentaient de négocier un retour pacifique de l'administration française, qui fût balayée du paysage indochinois par le coup de force japonais du 9 mars 1945. Celui-ci avait nettoyé l'Indochine française de toute présence administrative et militaire françaises. Un accord a été signé pour permettre au détachement militaire français d'entrer dans Hanoi sans tirer un coup de feu, en antidote aux Chinois nationalistes du Général Lu Han.
Le Président Hô Chi Minh a eu ce mot digne de Henri le Béarnais, Henri IV de France, rapporté par Paul Mus [1] et souvent repris.
- La prégnance des "Hai Ba Trung"
Les conflits sino-vietnamiens durent depuis plus de 21 siècles. L'empire chinois a colonisé le petit royaume de Dai Viêt sur le delta du Fleuve Rouge. En 39 avant le calendrier chrétien, deux reines vietnamiennes, les soeurs Trung Trac et Trung Nhi ont conduit pendant quatre ans une guerre de libération contre la domination chinoise des Han qui ont déployé toute leur puissance militaire. Plutôt que de se rendre, les deux reines se sont suicidées en se jetant dans le Fleuve Rouge. Chaque année, au mois de mars les femmes du Viêt Nam célèbrent ces héroïnes nationales au jour de "Hai Ba Trung" (les deux Dames Trung), comme les Français pour leur Jeanne d'Arc. En 1979, l'invasion chinoise a fait revivre cette mémoire historique [3].
D'autres révoltes ont suivi aux IIIe , VIe et Xe siècle qui ont bâti le nationalisme et l'esprit combattif des Vietnamiens. Une douzaine d'autres rébellions ont encore suivi au XVe siècle pour affermir et affirmer l'indépendance du Viêt Nam.
Pour le Général Vo Nguyen Giap, les féodaux étrangers étaient les Chinois du début de l'ère chrétienne.
La découverte à Thieu Dong (Province de Thanh Hoa, au Centre du Nord Viêt Nam) d'objets vietnamiens sous des couches contenant des objets chinois de l'époque des Han semblent être une réfutation de la thèse selon laquelle les objets de l'âge du bronze de Dong Son [5] appartiendraient à une civilisation postérieure à celle des Han introduite au Viêt Nam pendant l'occupation chinoise du pays. Ces découvertes ont été faites par le Professeur Nguyen Van Kinh [6].
- La genèse du Pays des Viêts
Une grande partie de l'histoire du Viêt Nam, antérieure à l'an 200 de l'ère chrétienne est ensevelie dans les légendes. Il en est également ainsi du passé de l'Europe au-delà du bassin méditerranéen. Il semble qu'il ait existé, entre 500 et 207 avant J-C, un royaume connu sous le nom de "Van Lang" ou "Au Lac", couvrant apparemment ce qui est aujourd'hui la province chinoise du "Kouan Toung" et le Nord -Viêt Nam. Ce denier, comme nous le verrons, a été , plus d'une fois, une marche frontalière dans la longue et orageuse histoire du Viêt Nam. Diên Biên Phu ne signifie, en vietnamien, que: "Chef-lieu préfectoral" (Phu) "frontalière" (Diên Biên). Du point de vue linguistique, la langue vietnamienne est une langue cantonaise, comme la langue anglaise est une langue germano-scandinave (anglo-saxonne).
Conquis par des généraux chinois ayant rompu avec les empereurs de la dynastie Ch'in, "Au Lac" devint connu sous le nom de "Nam Viêt" , littéralement "Viêt" (déformation de " Yueh" cantonnais) du Sud (" Nam"). Comme il est arrivé souvent au cours de l'histoire du Viêt Nam, ce petit Etat ne pouvait maintenir son intégrité que lorsque son puissant voisin était en difficulté, ce qui arriva frequemment. La dynastie des Han se consolidant en Chine, le Nam Viêt fut repoussé lentement du "Kouan Toung" (Guangdong) vers le bastion nord-vietnamien du "Viêt Bac" qui deviendra plus tard, en 1945-1954, la base du Viêt Nam pour se libérer du colonialisme français. En 111 avant J-C, l'empire Han victorieux en Chine écrasa le jeune Etat vietnamien et, à l'exception de victorieuses et brèves rébellions, il devint pour plus de 1 000 ans terre chinoise.
La route du Nord étant fermée par son puissant voisin chinois, le "grand dragon", le "petit dragon" vietnamien ne pouvait que prendre la route du Sud. Le Viêt Nam s'est bâti par une longue marche d'un front de villages, du delta du Fleuve Rouge au delta du Mékong, absorbant et assimilant sur son passage le Royaume du Champâ et le royaume Khmer devenu Cambodge. Le Centre du Viêt Nam était cham et tout le Sud du Viêt Nam était khmer. Ancienne colonie vietnamienne, le Cambodge n'a dû son autonomie qu'à l'arrivée des Français et son indépendance à la Première Guerre d'Indochine d'indépendance du Viêt Nam. [8]
- Approche psychanalytique de ce contentieux
L'histoire du Viêt Nam est issue des Annales chinoises, comme son peuplement est issu de la région de Canton, ainsi que sa langue et toute sa culture. Se pose, alors, pour le Viêt Nam la question existentielle de son identité et individuation au niveau de la réalté symbolique. Pour sortir de ces deux branches du "Nom du Père" et du "Non du Père" dans le paradoxe de l'identité, le Viêt Nam commente cette absurdité par le contentieux sino-vietnamien sur des millénaires.
- Le sentiment d'infériorité et ce contentieux
Le contentieux sino-vietnamien des rivalités est aussi porté par la relation confucéenne des devoirs et droits mutuels entre "grand frère" ("Tai Lu" en chinois, "Anh", "Chi" en vietnamien) et "petit frère" ("Xiu Lu" en chinois, "Êm" en vietnamien) dans la dialogique chère à Edgar Morin des coopérations compétitives qui ne cessent pas d'être des compétitions coopératives.
Dans cette relation confucéenne du "grand frère" chinois, le "petit frère" n'aurait jamais pu obtenir son indépendance et son unité. Dans la complexité des paradoxes, cette coopération est alliée à la compétition rivalitaire et à la méfiance des millénaires de conflits.
Dans cette compétition coopérative, le "textile chinois" du grand frère peut très bien ouvrir la voie au petit frère, d'une économie politique asiatique comme dans la "Communauté Economique de l'Asie-Pacifique" du "grand dragon" et des "petits dragons".
- Conclusion
En dehors de la singularité du qualificatif "sino-vietnamien", la pluralité des contentieux peut être abordée avec différentes perspectives et à différents niveaux de réalité de l'approche écosystémique dans la globalité des relations entre crise et conflit ainsi que celles entre crise et catastrophe, en occultant les détails triviaux qui encombrent l'esprit, comme l'arbre qui masque la forêt.
On peut jouer avec le contentieux anglo-français avec la transformation de Guillaume le Bâtard en Guillaume le Conquérant, le contentieux germano-français de l'héritage du Grand Charles (Carolus Magnus) ou Charlemagne des Francs, ou encore le contentieux sémitique israélo-arabe des enfants d'Abraham, dans le paradoxe existentiel d'un éventail de différences enveloppé dans une batterie de similarités. Il semble que tout contentieux soit un conflit, dans sa signification profonde ou exacte de heurt entre des points de droit, dans le partage d'un héritage physique, psychique ou symbolique.
Le contentieux le plus long et le plus profond est encore dans le partage de l'héritage symbolique, comme le contentieux sino-vietnamien et le contentieux israélo-arabe qui dépasse le simple partage territorial et où le mot "Père" en hébreu et en arabe, AB, est constitué des deux premières lettres de l'alphabet, dans Abraham, qui le sont restées en grec et en latin, dans les trois religions monothéistes. Ce contentieux de l'héritage du "Père" a commencé par le contentieux judéo-chrétien.
Comparativement, le contentieux sino-russe est beaucoup plus léger puisqu'il ne se rapporte qu'au partage territorial d'une zone frontalière de l'Asie Centrale à la Sibérie, même s'il est doublé d'un contentieux idéologique sur la signification et la valeur de l'idéal communiste pour l'Homme de Marx et l'Homme de Confucius dans une économie politique asiatique. L'intensité et la profondeur d'un contentieux sont beaucoup plus qualitatives que quantitatives dans l'importance du déchirement.

Etymologie


Le Viêt Nam : textuellement, les Viêt (du Yueh chinois pour "cantonnais") du Sud. Le pays Âu Lac aurait occupé la région cantonaise. Il aurait été amputé du nord de son territoire par les conquêtes chinoises. Ne restant que le sud, le royaume prend le nom de Nam Viêt (c'est-à-dire le pays des Viêt du Sud) pour signifier la perte de ses terres. Le Nam Viêt n'est alors que la partie nord du Viêt Nam actuel.

Langues


La langue officielle, le vietnamien, est aujourd'hui écrite au moyen de caractères latins. Cette romanisation se nomme qu?c ng? ; elle découle de la nécessité pour les missionnaires catholiques du XVIe siècle de retranscrire dans un système phonétique une langue qui n'utilise alors que le système idéogrammatique chinois. Le jésuite Alexandre de Rhodes établit ainsi le premier Dictionnaire de langue annamite, en transcrivant les phonèmes vietnamiens sur la base du portugais.
L'utilisation de cette transcription latine est en vigueur dans l'enseignement mis en place par les empereurs à partir de 1918 et ne devient la méthode officielle d'écriture du Viêt-Nam qu'à l'indépendance du 2 septembre 1945.
Par ailleurs, le Viêt-Nam connaît une grande diversité linguistique, puisqu'il compte 75 langues, réparties en 6 à 7 groupes ethnolinguistiques (il existe une querelle de " découpage " qui introduit cette incertitude entre le groupe austroasiatique et le groupe australasiatique).

Municipalités


  • Huë
  • Da Nang (ex-Tourane)
  • Haïphong
  • Hanoï
  • Chi Minh-Ville (Saïgon)
  • Nha Trang
  • Nam Dinh
  • Quy Nhon

Géographie


Le Viêt Nam est un pays d'Asie du Sud-Est. Il est entouré par le golfe de Thaïlande, le golfe du Tonkin, la mer de Chine, la Chine, le Laos et le Cambodge. Il occupe une superficie de 329 560 km2 dont 4 200 km2 d'eaux territoriales.
Dans le sud, le climat est tropical tandis que dans le nord règne un climat de mousson ; la saison des pluies y débute à la mi-mai et se termine à la mi-septembre.

Economie


Les guerres, les importantes dépenses d'armement et l'économie planifiée ont grandement affaibli l'économie du Viêt Nam. Celui-ci enregistre cependant, depuis la fin des années 1980, une lente reprise économique.
Cependant, si la guerre interdit toute forme de développement durable, il faut savoir que les séquelles de la Guerre du Vietnam sont si sévères qu'elles aussi freinent la reprise de l'économie, [1]
Le Sud, très fertile, cultive surtout le riz. Produit de base essentiel, cet aliment est aussi un produit d'exportation. Le Viêt Nam constitue le troisième exportateur mondial de riz. Les ressources minières et l'industrie lourde se concentrent en revanche vers le Nord. Le principal produit d'exportation, le pétrole, représente 20% des revenus du commerce extérieur.
Le Viêt Nam fait partie de la Coopération Economique Asie Pacifique (APEC).

Exportations


* pétrole,
* riz,
* chaussures,
* vêtements,
* café, deuxième ou troisième exportateur mondial,
* manioc, 3 % de la production mondiale.

Economie politique vietnamienne


Bien différent de la Corée divisée en une dictature ultra-marxiste au Nord menacée de famine et militaire menaçante et une dictature ultra-capitaliste au Sud prospère, le Viêt Nam est ce "petit dragon" arrivé à maturité après 30 ans des deux guerres d'indépendance et de réunification (1945-1975). L'historien américain Joseph Buttinger, non sans humour a intitulé son livre sur le Viêt nam de "Smaller dragon", [2]
Directement accolé à la Chine méridionnale, le Viêt Nam est le plus proche de la métropole civilisatrice chinoise de tous les pays sinisés que sont le Japon et la Corée, tandis que Taiwan, Hong Kong et Singapour sont des Chines périphériques par leur histoire.

Le communisme vietnamien


"[...] L'histoire semble avoir montré un communisme instrumental circonstanciel pour accéder à l'indépendance et l'unité, après l'échec et l'épuisement d'autres moyens, comme la tentative infructieuse et naïve de nguyên Ai Quôc, le futur Président Hô chi Minh, de plaider la cause du Viêt Nam à Versaillles, lors de la signature du traité, auprès du Président Woodrow Wilson "[3].
Plus tard en 1946, le Président Hô Chi Minh de la jeune République Démocratique du Viêt Nam a envoyé au Président Harry S. Truman un télégramme du 28 janvier 1946 lui demandant son soutien.
Pendant toute sa vie, Hô Chi Minh dut montrer deux visages auprès de son peuple et du monde: l'un nationaliste, l'autre communiste. On sait à quel point afficher cette double personnalité allait énerver ses détracteurs anti-communistes. Mais ce que l'on sait moins, c'est qu'en montrant une double face, Hô Chi Minh allait susciter des doutes auprès des échelons supérieurs du mouvement communiste, même s'il fut l'un des communistes asiatiques les plus dévoués au communisme (travaux de Christopher E. Goscha).
Au coeur du problème : l'"auto-dissolution" du PCI (Parti Communiste Indochinois, une extension du Parti communiste vietnamien créé par Hô Chi Minh lui-même en 1930 à Hong Kong) par Hô Chi Minh et ses partisans en novembre 1945. Dès le début de la prise du pouvoir du Viêt Minh en août-septembre 1945, le contenu communiste de la RDVN était évident et posait d'épineux problèmes aux nationalistes vietnamiens non-communistes, aux Chinois nationalistes occupant le Nord du pays et, à un degré moindre, aux Français. En effet, le Viêt Minh, ou front national créé en 1941, était aux mains du PCI ou plutôt de son "Comité Directeur" (Tong Bo).
Les nationalistes non-communistes du VNQDD (Viet Nam Quoc Dan Dang), proches du GMT des "nationalistes chinois", s'opposèrent à la prise du pouvoir du PCI en menant des actions directes et en s'appuyant sur le Guomindang (Parti nationaliste chinois ou GMD). Ils mirent en place très habilement une campagne de presse démystificatrice, visant à montrer aux populations que Hô Chi Minh était un communiste, que le Viet Minh, le Tong Bo et le PCI ne faisaient en réalité qu'un. Entre-temps, Hô Chi Minh faisait son possible pour minimiser ses attaches communistes au public et maximiser son attrait nationaliste auprès des populations vietnamiennes, des pays asiatiques non-communistes mais farouchement anti-colonialistes et les Américains opposés au retour du colonialisme français en Indochine.
La situation au Nord-Vietnam était rapidement devenue très tendue. Tous les partis vietnamiens jouaient gros dans leur course au pouvoir durant la seconde moitié de 1945. Si bien que les nationalistes anti-communistes comptaient agir le 8 novembre 1945, exactement trois jours avant la dissolution du PCI. Nguyen Hai Than, chef du parti Dong Minh Hoi, réclamait la démission immédiate du président, la dissolution de son gouvernement, la suppression "de la dictature d'un seul parti" et la création d'un nouveau gouvernement. Cet ultimatum devait avoir l'approbation du général Lou Han, chef chinois au Viêt Nam, avant son retour à Kunming. Nguyen Hai Than aurait déclaré aux Chinois qu'il déclinait toute responsabilité en cas d'incident entre le Viet Minh et les non-communistes si l'ultimatum était repoussé par Hô Chi Minh [4].
Cette action de l'opposition, apparemment soutenue par des officiers chinois, mettait Hô Chi Minh dans une situation périlleuse. Depuis août, le PCI craignait que le GMD ne renversât tout bonnement la RDVN pour installer un gouvernement pro-chinois et anti-communiste. En dépit des efforts remarquables de Hô pour gagner Lou Han et Siao Wen à sa cause, il ne pouvait jamais écarter la possibilité que survînt un changement dans la ligne chinoise.
Dans les années 1920, le VNQDD a tenté, d'une façon prématurée, la révolte de Ngé Tinh, la marche sur Vinh et la mutinerie de Yen Bay férocement réprimées par l'Administration et l'Armée coloniales qui ont rempli les bagnes. Pham Van Dong et beaucoup d'autres ont déclaré, à plusieurs reprises, que ces bagnes eussent transformé des nationalistes en communistes. Indochine (film) a évoqué cette période où une princesse de haut rang dvint communiste au bagne et a négocié pour le compte de la République Démocratique du Viêt Nam les Accords de Genève en juin 1954.
La propagande farouchement anti-communiste et ultra-nationaliste de l'opposition était efficace. À la mi-novembre, les communistes vietnamiens redoutaient même un véritable coup de force. La situation était tellement tendue que des communistes vietnamiens au Nord, dont Hô Chi Minh, prirent la décision extraordinaire de dissoudre le Parti communiste indochinois (PCI), le 11 novembre 1945, face aux menaces de Nguyen Hai Than et du VNQDD et à la suite de réunions secrètes tenues par le PCI. Il fallait à tout prix cacher la face communiste du Viet Minh afin de reprendre l'initiative nationaliste aux opposants VNQDD et DMH (Dong Minh Hoi), autrement dit garder ainsi le pouvoir. L'auto-dissolution du PCI devait montrer le sacrifice ultime pour la patrie. Il fallait aussi rassurer les Chinois, les Américains et d'autres pays asiatiques non-communistes sur le contenu proprement nationaliste de la RDVN et du Viet Minh [5]
Ceci rendant intelligible cela, le Viêt Nam indépendant et réunifié s'est débarassé de son communisme d'apparat instrumental pour se lancer dans un développement économique du type libéral dans une Economie politique asiatique en commençant par la " Bataille du riz " pour nourrir sa population et s'assurer l'autonomie alimentaire, mais aussi pour se retrouver dans sa propre culture profonde, son histoire et sa mythologie, après 30 ans de destruction des guerres d'indépendance et de réunification (1945-1975).

La Bataille du riz


Elle a commencé par une réforme agraire réussie qui a pu enrichir sa nombreuse population rurale et créer une demande intérieure solvable de petites machineries agricoles pour lancer la petite industrie légère locale.
Une fois la production agricole faite, le Viêt Nam exporte le surplus de riz suivant cette figure à la fin du XXe siècle siècle.
* 4e rang mondiale de production avec 34,61 Mégatonnes la Chine au 1er rang avec 167, 62 Mégatonnes);
* 3e rang mondial d'exportation avec 2 Mégatonnes (la Chine au 4e rang avec 1,4 Mégatonne). La différence entre production et exportation correspond à la consommation intérieure.
Même très modestes, ces performances ont permis le développement de l'industrie agro-alimentaire qui nstalle les infrastructures our le tourisme de la seconde phase. Après le tourisme arrive l'industrie textile qui s'engouffre à travers les portes ouvertes par le "textile chinois".
Malgré sa particularité de zone frontalière, An Giang peut être le modèle de ce schéma de développement économique.

L'industrialisation


La houille et le pétrole soutiennent le développement industriel, à la manière de Taiwan qui en est dépourvu, comme Hong Kong et Singapour. Cette industrialisation commence par des produits simples et peu coûteux pour les marchés d'Afrique et d'Amérique latine en un premier temps. Faisant partie de la Francophonie, le premier marché d'exportation se situe dans ce secteur, sans exclusivité, dans la diversification.
* Entre Marx et Confucius, le Viêt Nam a choisi Confucius dans ses guerres d'indépendance et de réunification et dans l'Economie politique asiatique. Il reste, néanmoins, les symboles pour le culte des ancêtres et des héros nationaux. Selon Paul Mus [6], le premier geste de Sa najesté Bao Dai à Hanoï, en visite à sa capitale du Nord a été de se rendre aux petits appareils religieux pour le culte des combattants d'autodéfense du Viêt Minh tués au cours de l'insurrection de 1946.

Démographie


La démographie du Viêt Nam se caractérise par une population jeune et féminine, une forte diversité ethnique et un regroupement de la population dans les plaines littorales, principalement les deltas du fleuve Rouge et du Mékong.
- Principaux indicateurs
  • population : 83,5 millions d'habitants (dont 62 % de moins de 30 ans et 24 % de population urbaine) ;
  • croissance annuelle de la population : 1 % ;
  • densité : 253,5 habitants au km2 ;
  • taux de fécondité : 2,2 enfants par femme ;
  • taux de natalité : 18 p. mille ;
  • taux de mortalité : 7 p. mille ;
  • mortalité infantile : 34 p. mille ;
  • espérance de vie : 68 ans ;
  • nombre d'hommes pour 100 femmes : 96.
- Evolution démographique
Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale jusqu'à 1954, la population a crû chaque année de 1,5 %, puis de 4 % de 1954 à 1960. De 1960 à 1975, la hausse s'est stabilisée à 3 % avant de retomber à 2,2 % jusque dans les années 1990. Depuis lors, la croissance annuelle de la population s'établit à 1 %. Ces taux élevés n'ont été égalés, dans l'Asie du Sud-Est, que par les autres pays de la péninsule indochinoise, le Cambodge et le Laos. Ils ont conduit à un doublement de la population en 32 ans.
Ils s'expliquent par un recul constant de la mortalité depuis 1945, jusqu'à atteindre les 7 ‰ actuelle - avec toutefois d'importantes disparités selon les ethnies - et en particulier une mortalité infantile relativement faible par rapport aux autres pays asiatiques. Parallèlement, les taux de fécondité et de natalité se sont maintenus à des niveaux élevés jusque dans les années 1970, respectivement à hauteur de 6 naissances par femme et de 40 ‰. Passée cette date, la natalité a subi un repli constant jusqu'à atteindre les 18 ‰ actuels. Le Viêt Nam a donc achevé sa transition démographique.
- Répartition ethnique
La population vietnamienne est majoritairement composée de Viêts ou Kinhs (86 %) et de 53 ethnies minoritaires, principalement représentées dans les montagnes du Nord (30 à 40 % de la population) ou dans les provinces de Cao Bang, Hà Giang, Long Son, Lai Chau et Son La. Pami ces éthnies, quatre comptent plus d'un million de représentants (Tày, Thai, Muong et Khmers), treize comptent de 100 000 à 900 000 représentants et 36 en comptent moins de 100 000. Certaines comptent seulement quelques centaines de représentants, comme les Brâun, environ 300.
Les ethnies austroasiatiques sont largement majoritaires. Elles sont composées, au Viêt Nam, du groupe Viêt-Muong (Viêt, Muong, Chut et Thô), du groupe Miao-Yao (trois ethnies représentant 1,5 million de personnes) et du groupe Thai-Tày (12 ethnies représentant 4 millions de personnes).
Les ethnies austronésiennes regroupent cinq ethnies et 830 000 individus : Jarai (317 000 individus), Êdê (270 000 individus) et Cham (100 000 individus), héritiers du royaume du Champâ.
Les ethnies sino-tibétaines comprennent neuf ethnies pour un million d'individus, dont 800 000 Hoa, Chinois du Viêt Nam.

Tourisme


* Phan Xi Pang, haut de 3 143 m, est le point culminant du pays, Mont Fansipan.
* temples cham, vestige d'une civilisation disparue dans la région de Da Nang ;
* Cité impériale de Hué, pendant de la Cité interdite en Chine ;
* Baie de Ha Long ;
* les marchés flottants du delta du Mékong.
Le Viêt Nam a reçu 3,4 millions de touristes en 2005.

Pays d'où proviennent les touristes venant au Viêt Nam :
  1. Chine
  2. Etats-Unis
  3. Corée du Sud
  4. Taïwan
  5. Japon
  6. Cambodge
  7. Australie
  8. France
  9. Royaume-Uni
  10. Canada
Principaux points d'intérêt :
  • Principales villes : Hanoï, Hô-Chi-Minh-Ville, Hué, Nha Trang.
  • Sites naturels : Baie d'Along, Mékong.


Culture


Le Viêt Nam a une culture issue d'influences très différentes :
  • du monde sinisé
  • du monde indianisé
  • du substrat austroasiatique
- Société : le mariage au Viêt Nam
Le mariage traditionnel vietnamien comprend plusieurs étapes et rites, méconnus, cependant propres à l'identité culturelle vietnamienne.

Les religions


La principale religion au Vietnam est la Tam Giáo (triple religion), mélange de bouddhisme mah?y?na , de confucianisme et di culte des ancêtres.
Il existe également des sectes, bouddhistes comme Hoa Hao, ou syncrétiques comme le Caodaïsme.
Les chrétiens représentent 8 % de la population, en majorité des catholiques ; le Vietnam est le deuxième pays catholique d'Asie après les Philippines
Un mélange d'Islam sunnite et d'Islam bashi est pratiqué par l'ethnie Cham. Il existe également des ethnies musulmanes dans sur le sud-ouest.

Santé


Les maladies tropicales habituellement recensées dans cette région le sont au Viêt Nam aussi. On suspecte également les dioxines contenues dans les défoliants (Agent orange produit par Monsanto) dispersés par l'armée américaine par voie aérienne durant la guerre, d'être responsables d'un taux anormal de malformations congénitales. Les séquelles sanitaires de la guerre pourraient également comprendre les impacts toxicologiques ou écotoxicologiques de composants d'autres armes "conventionnelles". Par ailleurs la pollution industrielle agricole (engrais, pesticides) et urbaines (augmentation du trafic, essence plombée...) ont fortement augmenté. En nombre de morts, le Viêt Nam est le pays le plus touché (de 2003 à 2005) par la grippe aviaire, devant l'Indonésie, qui devient en 2006 le pays le plus touché par le virus H5N1. À partir de 2005, les mesures de lutte contre la zoonose et l'épidémie ont donc semblé porter leurs fruits.

Source : Wikipedia