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Violons d'Ingres

La mosaïque



Son histoire



En latin, musivum opus signifie : travail auquel président les Muses. Les musea étaient des grottes naturelles ou artificielles, des fontaines décorées de mosaïques.
Les traces les plus anciennes de mosaïque ont été trouvées en Mésopotamie et datent des 4e et 3e millénaires avant Jésus-Christ.
La mosaïque est née sous la forme de revêtement de sol en galets. Le plus ancien que l'on ait trouvé est à Gordion en Phrygie et date du 8e siècle avant J.-C. L'invention de la mosaïque en tesselles est due à des mosaïstes grecs qui travaillaient en Alexandrie (3e siècle avant J.-C.). C'est dans le monde grec, à partir du 4e siècle avant J.-C, qu'apparaît un véritable art de la mosaïque en galets qui durera jusqu'au 3e siècle avant J.-C. (rouge, noir, blanc, jaune).
Les pavements de Sicyone, Olynthe, Pella, Corinthe et Olympie remontent à cette époque.
Les romains ont développé l'art de la mosaïque dans l'immensité de leur empire selon une technique très minutieuse: tesselles et quelques millimètres, dessin très soigné et nombreuses nuances de couleurs.
Les "emblematas" étaient réalisées en atelier puis posées et réunies sur le sol par des tesselles plus grosses.
A l'époque d'Adrien (120-130 après J.-C.), nous assistons à la naissance d'un nouveau style appelé "style fleuri".
Le véritable style polychrome ne s'exprimera qu'à partir du IVe siècle, (ex. Piazza Armeria en Sicile).
C'est à Glanum près de Saint Rémy de Provence que l'on trouve les plus anciennes mosaïques gauloises (gallo-romaines), un siècle avant J.-C.
A partir de l'an 150, les ateliers gaulois les plus actifs se sont installés dans la vallée du Rhône à Lyon et Vienne.
La Grande Bretagne conservera une nette excentricité par rapport à l'Italie. Les ateliers les plus actifs se trouvent tous dans le sud. Les trois principales écoles sont Yorkshire, Dorset et Gloucester.
Les Germains restent très attachés au style italien. les ateliers principaux sont à Trêves et Cologne.
Les Ibériques : l'influence italienne restera très forte et durable.
L'école africaine représente un cas à part dans l'empire romain. Grande liberté de création, grande qualité et quantité d'oeuvres, explosion de la couleur, dessins géométriques.
Timgad (Algérie) est un exemple unique de polychromie dans le monde. Il existait de nombreuses écoles : Antioche (Turquie), Damas (Syrie).
Mosaïque Paléo-chrétienne (du 4e au 7e siècle) : c'est l'art chrétien qui passera des pavements aux murs et aux voûtes.
La mosaïque s'enrichit d'or et de couleurs en tesselles émaillées.
Avec l'école christiano-byzantine, la grande révolution technique et esthétique s'accentue.

La fin de l'art de la mosaïque se situe vers l'an 1300. Ce ne sera que cinq siècles plus tard que l'on assistera à sa renaissance progressive, tout d'abord en France puis dans le monde entier.
Exemples de ce renouveau : Basilique du Sacré Coeur (Paris) ; Notre Dame de la Garde (Marseille) ; Cathédrale Saint Paul (Londres) ; Parlement de Bucarest.
Parmi ceux qui relancèrent le goût pour la mosaïque, Gustav KLIMT réalise le palais Stodet à Bruxelles, Antoni GAUDI fait merveille à Barcelone.



Mosaïque byzantine


N'ayant plus à répondre à des exigences fonctionnelles, la mosaïque murale byzantine présente une surface rugueuse et irrégulière volontairement formée de tesselles plus ou moins de biais afin de mieux capter la lumière.
Les plus beaux exemples de cette école se trouvent dans la basilique Sainte Sophie à Istanbul.



Mosaïque d'Amérique latine


Incrustations de pierres dures (obsidienne, grenat, quartz, béryl, malachite, etc.). On en trouve chez les Mayas et les Aztèques. La pièce la plus célèbre est le masque du British Museum à Londres. Principales collections : musées de Berlin, Copenhague, Londres, Mexico, New York, Rome, Vienne.



Mosaïques modernes


Décors de mosaïques : université de Caracas (Venezuela) par Fernand Léger ; Unesco et Maison de la Radio à Paris par Bazaine ; Fondation Maeght à Saint-Paul-de-Vence par Chagall ; bibliothèque de l'université nationale de Mexico (1 203 m2), par Siqueiros ; siège de Saint-Gobain-Rhône-Poulenc (2 500 m2) à Paris-la Défense par Deverne. Chris SCHWEITZER



La mosaïque : le carton, organisation du travail, matériaux et outils


La mosaïque est un métier traditionnel qui, depuis six mille ans, s'est transmis avec des techniques identiques à celles d'aujourd'hui et des matériaux qui sont restés les mêmes.
Les deux gestes déterminants de l'art de la mosaïque, la coupe et la pose, sont restés les mêmes.
C'est un métier d'art. Les mosaïstes doivent faire preuve de sensibilité esthétique quant au choix et à l'emploi des matériaux, des couleurs et de la lumière.
Depuis quelques années, la renaissance de cet art s'accompagne d'un grand intérêt dans l'architecture et la décoration, et ce dans le monde entier.
La mosaïque contemporaine intéresse les chercheurs, les critiques d'art et les responsables culturels.
L'art de la mosaïque sort aujourd'hui du monde confiné des spécialistes pour faire face à la curiosité et aux exigences d'un public beaucoup plus large.



Le carton


Lorsque la mosaïque est une création, le dessin d'étude s'appelle carton.
Il s'agit d'une représentation picturale de la mosaïque à exécuter. Le carton sert à visualiser une oeuvre qui, dès l'origine, a été conçue pour être réalisée en mosaïque.
Mais la technique d'exécution employée reste étrangère à l'oeuvre même.
Le carton doit être considéré comme un point de départ, une intuition, et non comme un modèle rigoureusement suivi.
Contrairement à ce qui se passe dans la peinture, en mosaïque la couleur est déjà présente dans chacune des tesselles qui sont coupées et posées. La présence des interstices entre une tesselle et la suivante constitue une solution de continuité dans le signe et la couleur.
La lumière n'est pas reproduite dans l'oeuvre suivant un angle fixe, mais elle est efficacement captée et réfléchie par les tesselles de façon à engendrer des VIBRATIONS et des FREMISSEMENTS continus.



Organisation du Travail


Par nature et par tradition, l'art de la mosaïque se fonde sur la priorité de la réflexion et sur le geste.
La mosaïque doit être pensée, préparée et exécutée avec la rigueur propre à un art qui n'admet ni le hasard, ni les automatismes.
La conception du travail, le choix et la coupe d'une grande partie des matériaux avant de commencer la pose, le dessin des calques, la fabrication des supports et la préparation des liants représentent les moments clés de la pratique de la mosaïque.



Matériaux et Outils


Une mosaïque est composée de tesselles. Pour fabriquer ces tesselles, les matériaux employés doivent présenter deux caractéristiques principales :
  • Pouvoir être coupés au gré du mosaïste.
  • La couleur ne doit pas s'altérer avec le temps.
Les matériaux les plus utilisés sont les marbres, les émaux et les pâtes de verre. Les principaux liants sont la chaux, le ciment, le sable.
Les outils : marteline et tranchet, pince russe, roulette de verrier, pince japonaise, spatules, poinçons et pincettes, truelles, massette et burins.

Le 15 Novembre 2005




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