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Etat des lieux
La famine dans le monde
Selon un rapport de la FAO, le nombre de personnes souffrant de la faim dans le monde a dépassé le milliard en 2009, ce qui est un chiffre jamais atteint auparavant.
Presque toutes les personnes sous-alimentées de la planète vivent dans les pays en développement : 642 millions de personnes en Asie et le Pacifique ; 265 millions en Afrique subsaharienne ; 53 millions en Amérique latine et dans les Caraïbes ; 42 millions au Proche-Orient et en Afrique du Nord ; et 15 millions au total dans les pays développés.
30 pays d'Afrique subsaharienne souffrent de sous-alimentation, soit plus de la moitié des 50 pays recensés par l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). La Somalie détient le triste record de malnutrition de la planète : 75 % de sa population en souffre.
24 000 personnes meurent de faim chaque jour dans le monde, soit une toutes les quatre secondes.
3 600 calories avalées en moyenne quotidiennement par un Américain : 67 % de plus qu'un Africain !
350 milliards d'euros, c'est la somme que les pays de l'OCDE (les nations les plus riches) consacrent chaque année aux subventions agricoles. Dans le même temps, ils versent 8 milliards d'euros pour soutenir l'agriculture des pays en développement.
Quatre multinationales se partagent 90 % du commerce mondial des céréales.
La famine est une situation dans laquelle la population d'une zone géographique donnée, ou seulement une partie de cette population, manque de nourriture. L'état de sous-alimentation est atteint à moins de 1 200 calories par jour (la moyenne normale étant de 2 400 calories par personne) et peut, s'il se prolonge, provoquer la mort. Sylvie Brunel, dans son ouvrage intitulé Famines et politiques, explique que "la famine désigne les peuples qui, à un moment donné de leur histoire, voient nier leur statut social et politique, leurs droits fondamentaux en tant qu'êtres humains". Ainsi, la famine est souvent la conséquence d'une politique de misanthropie.
Etymologie
Le mot famine est attesté en 1170 et est un dérivé de faim.
Le terme disette est employé pour une situation de pénurie moins grave. Ce terme ne doit pas être confondu lorsqu'il est employé pour désigner une personne souffrant d'anorexie qui s'impose une disette alors que les aliments sont disponibles.
Causes
Divers évènements peuvent avoir un impact plus ou moins direct sur l'apparition d'un état de famine.
Des causes naturelles comme un changement climatique, souvent la sécheresse, mais également des catastrophes naturelles ou des maladies végétales (comme le mildiou de la pomme de terre en Irlande au XIXe siècle) peuvent entraîner une famine. Grâce aux progrès techniques en agriculture, ce type de famine est éliminé dans de nombreuses parties du monde.
L'Homme est également une des causes des famines, à travers les guerres (comme au cours de la guerre civile russe), l'instabilité sociale ou même la volonté politique.
La déstabilisation du marché de la nourriture, comme par exemple la distribution d'aide humanitaire en dehors d'un contexte d'urgence ou la suppression des barrières douanières, peut également amener à la faillite de l'agriculture locale et favoriser l'émergence d'une famine.
Les variations de ces facteurs humains et météorologiques expliquent les changements spatio-temporels des zones touchées par la faim.
Dans la période contemporaine, nombre d'ONG ou de personnalités comme Amartya Sen, prix Nobel d'économie, ont développé l'idée que la famine est devenue plutôt un problème de distribution alimentaire et de pauvreté, que de manque global de nourriture. La révolution verte avec l'amélioration génétique des plantes pourrait permettre de réduire la crise des pays connaissant la plus grande explosion démographique comme l'Inde et l'Afrique au XXe siècle, mais l'accès à la nourriture n'est pas égal pour tous. Et une grande quantité de nourriture non consommée est détruite annuellement. De même les rats, souris et certains insectes détruisent une grande quantité de nourriture mal stockée dans certains pays. Cette approche de l'évolution contemporaine de la production et de la consommation de biens alimentaires est en partie invalidée par la crise alimentaire mondiale de 2007-2008.
Histoire
La famine est un problème ancien : la Bible y fait référence comme un des Quatre cavaliers de l'Apocalypse.
Dans le passé, l'arme de la famine est souvent utilisée dans le siège des villes pour obtenir la reddition sans combat (comme lors du siège d'Alésia). La politique dite de la terre brûlée utilise de la même manière la famine dans un but défensif.
Grandes famines
Dans l'Antiquité en Egypte, les famines sont principalement provoquées par la trop faible ou forte crue du Nil.
Les famines au Moyen Age interviennent lorsque les récoltes sont mauvaises, en particulier pendant la soudure. Le facteur météorologique est aggravé par la guerre et le passage dévastateur des soldats dans les champs (comme durant la guerre de Cent Ans). Les pauvres sont toujours les plus touchés. Les villes organisent le ravitaillement en blé, venu parfois de loin et à fort coût. La famine rend les corps plus faibles face aux épidémies. Le lettré Raoul Glaber a laissé un témoignage écrit de la famine qui a sévi en Bourgogne vers 1033. Dès lors, la famine est un problème récurrent. Les Occidentaux vivent dans la "hantise de la faim" selon l'expression de Jacques Le Goff. Pourtant, aux XIIe et XIIIe siècles, les grandes famines sont plus rares.
La grande famine de 1693-1694 est due à un printemps et un été trop pluvieux en 1692, suivis en 1693 d'une récolte très médiocre, causant une sous-alimentation qui favorise les épidémies comme le typhus. Elle se produit sur fond de guerre de la Ligue d'Augsbourg, de relèvement de la taille et de création, en 1695, d'un nouvel impôt, la capitation. La France, qui avait alors 20 millions d’habitants, eut 1 300 000 morts en plus de la mortalité normale. L'historien François Lebrun, professeur à Rennes II estime même que la population française est passée de 22,25 à 20,75 millions d’habitants en deux ans, entre 1692 et 1694, soit un total d’un million et demi de morts.
La famine irlandaise de la pomme de terre entre 1845 et 1851 fait entre 750 000 et un million de morts, soit le tiers de la population et pousse deux millions d'Irlandais à émigrer en Grande-Bretagne, aux Etats-Unis, au Canada, en Australie et en Nouvelle-Zélande.
La famine russe de 1891-1892 fait 2 millions de morts le long de la Volga, dans l'Oural, et jusqu'à la Mer Noire. Elle fut imputée à un hiver et un été secs mais aussi à la forte natalité et à la stratégie économique de l'Empire russe dont les exportations de blé, qui pouvaient alimenter suffisamment ces régions, n'ont pas été détournées au profit des affamés.
La famine russe de 1921 a fait environ 5 millions de victimes, essentiellement dans la région Volga-Oural.
La famine soviétique de 1932-33 a fait entre 6 et 8 millions de morts à travers toute l'URSS. La partie de cette famine qui a eu lieu en Ukraine est aussi appelée Holodomor ("extermination par la faim") depuis la fin des années 1980. De manière controversée, le Parlement ukrainien a voté la qualification de génocide pour le Holodomor le 28 novembre 2006.
Le Régime nazi avait réservé aux territoires d'Ukraine et de Russie Blanche une politique de famine planifiée par le ministre de l'alimentation du Reich ; la défaite avorta ce plan.
Le siège de Leningrad (Union soviétique) par les armées de l'Allemagne nazie, du 8 septembre 1941 au 27 janvier 1944, a fait environ 1 million de victimes (sur les 2,9 millions d'habitants de la ville), l'écrasante majorité (97 %) étant morte de faim.
Famine en Ethiopie (1888-1892).
Les famines récentes
- la famine en Somalie : une crise sanitaire aux impacts tant économiques que sur la santé des habitants
- la famine au Bengale de 1943 : selon les estimations, d'un million et demi à trois millions de morts
- au Tibet, la mise en place de la réforme agraire et de la collectivisation des terres, à partir de 1954, n'a pas l'effet positif escompté par les communistes, mais entraîne au contraire une baisse importante de la production, aussi bien pour la culture que pour l'élevage, ce qui conduira à des famines chez les paysans et les nomades tibétains ; c'est la première famine au Tibet
- de 1959 à 1961, en Chine, le Grand Bond en avant fit selon les estimations entre 20 et 30 millions de victimes
- en Corée du Nord, depuis le milieu des années 1990 : un à deux millions de morts.
- de 1967 à 1970, au Biafra (Nigeria), plus de 1 million de morts
- Sahel
- Lesotho (1983-1985)
- en 1984, grande famine en Ethiopie : plus de 1 million de morts
- Somalie
- 2004 : Darfour
- 2005 : Niger. La malnutrition a touché plus de 3,5 millions de personnes dont 800 000 enfants. Plus de 100 000 personnes sont décédées
- Zimbabwe
En 2005, selon la FAO, environ 16 000 enfants dans le monde meurent chaque jour de maladies liées à la faim et à la malnutrition.
Les organisations de lutte contre la famine
- La FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture)
- Le Programme alimentaire mondial
- Les ONG
Réchauffement climatique
En 2009, selon les dernières estimations de David Battisti (Université de Washington, Seattle) et Rosamond Naylor (Université de Stanford), la sécurité alimentaire de 3 milliards d'hommes serait menacée d'ici à 2100. En se basant sur 23 modèles climatiques, la grande majorité du globe connaîtra des températures estivales caniculaires dépassant les précédents records (1900, 2006). En climat tempéré, les températures connues en 2003 pourraient devenir la norme. Ainsi, en 2003, un excès de température de 3,6 degrés C par rapport aux températures moyennes de saison, avait fait diminuer les rendements agricoles de 30 % pour le maïs, 21 % pour le blé et 25 % pour les fruits.
31-07-2011
Source : Wikipédia
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